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On nous avait prévenues, la route depuis la frontière jusque la ville de Loja est plutôt badante ; pluvieuse, non asphaltée (c’est-à-dire boueuse) et de dénivelée vertigineuse. Rien à foutre, on y va quand même. Résultat : que ce soit en descente ou en montée, nous sommes restées à côté de nos vélos toute la journée moins environs 30 minutes. Zumba, 20km de la frontière, l’objectif de cette journée ; après deux heures de poussage un militaire déclare gaiement que (selon lui) il nous faudra 3 jours pour l’atteindre. L’homo motorus se trompe toujours, bien que fatiguées, nous sommes arrivées à Zumba fin de journée. Un agriculteur nous y accueille avec un plateau de fruits de sa finca, bienvenues en Equateur !

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À la vue de notre progression sur la carte, nous estimons notre arrivée à Loja, la première ville d’Equateur sur notre chemin, dans environ 4 jours de poussage… ça aurait été avec plaisir, mais il nous reste peu de temps avant notre passage vers les States. Nous prendrons donc le bus.

À Loja, nous nous armons de patience, plus de 4 heures pour obtenir nos billets vers le continent nord : décollage le 11 juin vers Los Angeles. L’attente fut fructueuse, nous nous sommes faites invitées trois fois au resto. Nous avons choisi le plus beau (mais moins beau que Laurent, hein!) pour nous gaver comme des oies et ensuite enchainer un col nous menant vers l’Amazonie.

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Afin de rejoindre Quito, nous avons emprunté la E45, contrefort de la célèbre forêt amazonienne. Récemment asphaltée, cette route nous a offert tranquillité, dépaysement et accueils chaleureux. Un régal !! Contrairement aux croyances populaires, cette zone est loin d’être plane, elle nous a réservé des ascensions qui figurent dans le top 10 des plus difficiles que nous avons eues.

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L’accueil que nous réservent les équatoriens est digne de nos amis brésiliens. Laissez nous vous présenter notre brochette d’hôtes ; un couple d’éleveurs de truites salué plus tôt dans la journée, un prospecteur minier qui nous prêtera une chambre dans son palace, tribu indigène Shuar numéro 1 qui nous transmettra l’énergie de la cascade, maison communale sous les yeux curieux des enfants collés aux trop nombreuses vitres, pompiers avec qui nous discuterons politique, tribu Shuar numéro 2 qui nous cuisinera du singe.

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Qui n’a pas entendu parler des Shuars, qu’on appelait autrefois les Jivaros ? La coutume des têtes réduites est sans doute celle qui a le plus marqué l'imagination des occidentaux et le plus contribué à la réputation des jivaros. Situés essentiellement dans la forêt amazonienne, les peuples Shuars ont maintenant tous choisi d’entrer dans la modernité sans pour autant renoncer à leur langue ni à leur culture.

Ils se sont organisés autour d'une fédération des communautés Shuars. Celle-ci fonctionne comme un état dans un état et vise la défense et la légalisation de leur terres ancestrales, l'amélioration de leur conditions de vie, le respect de leur langue et de leur culture.

Chaque communauté présente au moins un shaman. Le rôle de ce dernier est très important dans la cohésion du groupe : il transmet les savoirs et il guérit les maladies, perçues comme un déséquilibre entre l'homme et la nature dont il fait partie. L'acte de guérison est de rétablir l'équilibre avec l'aide de plantes (dont l'ayahuasca, boisson hallucinogène) pour refaire le lien entre l'homme et l'environnement.

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La première communauté Shuar dans laquelle nous séjournerons nous propose de passer la journée du lendemain en leur compagnie ; baignade dans la cascade à pouvoir, plat typique (cœur de palmier et poulet cuits dans une feuille de bananier, accompagné d’un jus de tubercule fermenté), peinture faciale, musique traditionnelle et cérémonie de l’ayahuasca pour rentrer en contact avec le grand mystère.

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Notre passage par la ville d’El Puyo nous permet de faire un petit crochet par le jardin zoologique et, ainsi, enfin rencontrer quelques-unes des sales bêtes vivant dans cet écosystème incroyable.

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C’est à partir de là que nous remontons vers les zones montagneuses de la Cordillère des Andes. Après la touristique route des cascades, nous nous arrêtons à Baños. Nous y sommes invitées par German, aventurier voyageur rencontré au détour d’un cybercafé. Nous refaisons le monde autour d’un vrai café italien ; après le « patatras de todo » que va-t-il se passer ?!

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On ne peut pas passer à Baños sans profiter de ses bains thermaux. Eau froide de la cascade, eau chaude des profondeur de la terre, nous alternons jusqu’à obtenir un corps nouveau.

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Après un petit déjeuner au mirador, nous saluons notre ami et nous optons pour un changement d’itinéraire sillonnant le long des gorges et parcourant villages et champs. Maité à l’agonie, nous cherchons hospitalité un peu plus tôt que prévu. Le hasard fait que nous serons accueillies par une jeune maman d’une extrême gentillesse dans une maison quatre étoiles.

Notre arrivée à Quito sera moins spectaculaire ; nous sommes sur la Panaméricaine… Avant de rejoindre Quito capitale, nous nous arrêtons une dernière fois dans un projet en Amérique latine. Nous sommes dans la Finca Palugo, un remarquable exemple d’application de la permaculture. Merci Alex pour le contact !